Ce samedi 11 avril 2026, la France a atteint son Jour d’Épuisement de la Viande. Cette date correspond au moment où la consommation annuelle de viande dépasse le niveau compatible avec les recommandations scientifiques du régime de santé planétaire de la commission EAT-Lancet. En France, la consommation moyenne atteint 1 153 g de viande par personne et par semaine, contre 316 g recommandés.
Un écart important avec les limites planétaires
Ce repère met en lumière un décalage structurel. Pour rester dans les limites planétaires, la consommation de viande devrait fortement diminuer. Le rapport 2026 de QUATRE PATTES rappelle qu’en France, une réduction de 73 % serait nécessaire pour s’aligner sur les recommandations du régime EAT-Lancet.
Le Jour d’Épuisement de la Viande ne dit pas seulement quelque chose de nos habitudes alimentaires. Il souligne aussi l’ampleur du chemin à parcourir pour faire évoluer les systèmes alimentaires vers des trajectoires compatibles avec les enjeux climatiques, environnementaux et de santé.
Une consommation de volaille en forte progression
Le rapport souligne aussi qu’une part croissante de cette dynamique repose sur la volaille, devenue en 2024 la viande la plus consommée en France. Le poulet, souvent présenté comme une alternative plus soutenable, n’échappe pourtant pas aux enjeux environnementaux, sanitaires et de bien-être animal liés à l’intensification des élevages.
QUATRE PATTES met notamment en avant plusieurs points de vigilance : le recours au soja importé pour l’alimentation animale, les pollutions locales liées à la concentration des élevages, les risques sanitaires associés aux modes de production et la dégradation des conditions d’élevage dans les systèmes intensifs.
Faire évoluer l’environnement alimentaire
Ce constat appelle évidemment des évolutions dans les habitudes alimentaires. Mais il rappelle aussi une réalité simple : les changements ne peuvent pas reposer uniquement sur la responsabilité individuelle. Pour rendre possible une alimentation plus végétale, plus choisie et plus cohérente avec les enjeux écologiques et sociaux, il faut aussi faire évoluer l’environnement alimentaire dans lequel ces choix se font chaque jour.
Cela suppose d’agir à plusieurs niveaux : les modes de production, l’offre disponible en restauration collective et commerciale, les pratiques de distribution, l’information des consommateur.ices, ou encore l’accessibilité des alternatives végétales. Le Jour d’Épuisement de la Viande peut ainsi être lu comme un signal utile pour interroger à la fois les consommations et le cadre dans lequel elles s’inscrivent.
Un signal pour accélérer la transition alimentaire
Il ne s’agit pas seulement de réduire une consommation moyenne. Il s’agit aussi de créer des conditions plus favorables à des pratiques alimentaires durables : une offre plus diversifiée, une viande de meilleure qualité, une meilleure place donnée aux protéines végétales et des politiques publiques cohérentes avec les objectifs de santé et de durabilité. Cette transformation est déjà engagée dans de nombreux territoires, à travers des actions portées par des collectivités, des associations, des entreprises, des structures de l’ESS ou des acteurs de la recherche.
Pour aller plus loin
- Retrouvez les initiatives sur les territoires en cliquant ici
- Consultez le rapport JEV 2026