Amsterdam interdit la publicité pour la viande et les énergies fossiles

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Amsterdam interdira, à partir de mai 2026, la publicité pour la viande et les énergies fossiles dans l’espace public.
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Wikimedia Commons/CC BY 2.0/Lies Thru a Lens

À compter du 1er mai 2026, la ville d’Amsterdam n’autorisera plus la publicité pour la viande et les énergies fossiles dans ses espaces publics, y compris les transports en commun.
Cette décision s’appuie sur un jugement rendu en 2025 par un tribunal néerlandais, reconnaissant aux municipalités le droit d’interdire des publicités considérées comme nocives pour la santé publique et le climat.

Après l’interdiction de la publicité pour la « malbouffe » en Angleterre, cette mesure marque une nouvelle étape : elle fait du levier publicitaire un objet de politique publique à part entière, au service des transitions.

Publicité alimentaire : un angle mort des politiques françaises

En France, le contraste est fort. La Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC) se fait attendre, tandis que les mesures de régulation de la publicité alimentaire restent limitées.
Pourtant, les études de santé publique convergent : la publicité influence fortement les comportements alimentaires, en particulier chez les plus jeunes, et favorise encore largement des régimes riches en produits ultra-transformés et en viande.

L’enjeu n’est pas d’opposer alimentation durable et plaisir de manger, mais de créer un cadre cohérent :

« Moins mais mieux » : sortir des oppositions stériles

À rebours des discours polarisants, certaines initiatives locales montrent qu’un autre récit est possible. Le slogan du Festival de l’élevage (en Corrèze) « Mangez moins de viande, mais de la bonne viande », porté aussi bien par des restaurateurs que par des éleveurs, rappelle que les transitions alimentaires reposent sur des compromis concrets, et non sur des caricatures.

L’opposition entre défense de l’environnement, santé publique et attachement à des produits de qualité est largement construite. Elle freine l’action collective et bénéficie surtout à des intérêts industriels peu enclins à faire évoluer leurs modèles.

Ce que cette décision nous dit pour les territoires

Le choix d’Amsterdam pose une question centrale aux collectivités françaises : jusqu’où sommes-nous prêts à agir sur les environnements alimentaires pour aligner santé, climat et justice sociale ?

Réguler la publicité, c’est agir sur les déterminants structurels des pratiques alimentaires. C’est aussi redonner aux acteurs publics un rôle stratégique, en complément des actions de terrain menées par les associations, les collectivités et les filières engagées.

Cette décision renforce un constat déjà connu : les transitions agricoles et alimentaires nécessitent des cadres politiques clairs, cohérents et courageux, à toutes les échelles.