Le think tank Questionmark publie Superlist Environnement Europe 2026, une évaluation comparative inédite des stratégies climatiques de 27 enseignes de grande distribution dans huit pays européens. Réalisée avec plusieurs organisations partenaires, dont le Réseau Action Climat pour la France, l’étude analyse la capacité des supermarchés à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
L’évaluation repose sur deux critères clés :
- l’alignement des plans climat des enseignes avec les objectifs de l’Accord de Paris ;
- les stratégies de rééquilibrage des ventes entre protéines animales et végétales, considérées comme un levier central de réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur alimentaire.
Des écarts marqués entre pays européens
Les résultats montrent de fortes disparités à l’échelle européenne. Certaines enseignes, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Suisse, se distinguent par des feuilles de route climatiques plus structurées et, pour certaines, par des objectifs chiffrés visant à augmenter la part des protéines végétales dans leurs ventes.
À l’inverse, la majorité des supermarchés évalués ne disposent pas encore de plans suffisamment détaillés pour démontrer une trajectoire compatible avec les engagements climatiques européens. Le manque de transparence sur les émissions indirectes, qui représentent l’essentiel de l’empreinte carbone du secteur, est également pointé.
Un retard confirmé de la grande distribution française
Aucune enseigne française ne figure dans le top 10 du classement. Carrefour se classe en 12ᵉ position, tandis qu’Intermarché arrive en 20ᵉ position et E.Leclerc en dernière place.
Si Carrefour est la seule enseigne française à avoir publié une feuille de route climat relativement détaillée, aucune des trois ne s’est fixé d’objectif explicite de rééquilibrage des ventes de protéines animales et végétales. Or, l’étude souligne que la transition protéique constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les émissions liées à l’alimentation, tout en répondant à des enjeux de santé publique.
Un enjeu stratégique pour les transitions alimentaires
Alors que la grande distribution concentre l’essentiel des achats alimentaires des ménages et exerce une influence déterminante sur les filières agricoles, ces résultats interrogent la capacité du secteur à jouer pleinement son rôle dans la transition vers des systèmes alimentaires plus durables.
L’étude met en évidence la nécessité d’accélérer les transformations des pratiques, mais aussi de renforcer l’encadrement du secteur afin de soutenir des trajectoires cohérentes avec les objectifs climatiques et alimentaires à l’échelle nationale et européenne.