Une étude publiée le 5 février 2026 par Access to Nutrition Initiative (ATNi) dresse un constat préoccupant : les principaux distributeurs français ne mobilisent pas suffisamment leurs leviers pour favoriser une alimentation plus saine.
Intitulée France Retail Assessment 2026, cette évaluation est la première analyse indépendante portant spécifiquement sur les pratiques nutritionnelles de la grande distribution en France. Elle examine les stratégies de trois enseignes majeures : E.Leclerc, Carrefour et Intermarché, qui représentent près de la moitié du marché alimentaire.
Des pratiques commerciales défavorables à la santé
L’étude met en évidence plusieurs freins structurels à l’accès à une alimentation saine. Les promotions restent majoritairement orientées vers des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, tandis que les aliments plus favorables à la santé occupent une place marginale dans les prospectus.
Autre constat : la qualité nutritionnelle des produits de marque distributeur demeure globalement insuffisante, avec une majorité de références classées comme défavorables à la santé.
Enfin, les paniers alimentaires plus sains restent significativement plus chers que les paniers composés de produits moins favorables sur le plan nutritionnel, renforçant les inégalités d’accès à une alimentation de qualité.
Nutrition, climat et responsabilité des distributeurs
Ces résultats font écho à d’autres travaux récents sur l’impact environnemental de la grande distribution. Ils rappellent que les enjeux de nutrition, de santé publique et de climat sont étroitement liés, et que les modèles commerciaux actuels freinent la transition vers des régimes alimentaires plus durables.
ATNi et le Réseau Action Climat appellent ainsi à des engagements clairs des distributeurs :
- rééquilibrage des promotions,
- amélioration nutritionnelle des marques propres,
- politiques de prix favorables aux produits sains.
Le rôle clé des territoires et de l’action collective
Au-delà des engagements indispensables des enseignes, de nombreux alliés d’ALTAA expérimentent déjà des pistes d’action à l’échelle des territoires pour accompagner les directeur·rices de magasins et responsables de rayon dans l’évolution de l’offre et des pratiques des supermarchés.
Ces démarches locales complètent les leviers réglementaires et montrent que des marges de manœuvre existent.
Les résultats de ces travaux seront prochainement partagés. Inscrivez-vous au bulletin d’ALTAA pour ne rien manquer.