Depuis octobre 2025, le Royaume-Uni interdit la publicité pour les aliments trop gras, trop sucrés et trop salés (HFSS – High Fat, Sugar, Salt) à la télévision et sur internet avant 21 heures.
Objectif affiché : réduire l’exposition des enfants et des ménages à des produits associés à l’obésité et aux maladies chroniques.
Cette mesure prolonge une réglementation déjà en vigueur outre-Manche. Depuis 2022, une partie des promotions pour ces produits est interdite en grande distribution, notamment en tête de gondole et aux caisses. Ces emplacements sont connus pour déclencher des achats d’impulsion.
Les premiers résultats sont documentés. Selon des analyses relayées par Franceinfo, ces restrictions ont contribué à une baisse significative des ventes de produits HFSS. Des estimations évoquent jusqu’à deux millions de produits de « junk food » vendus en moins chaque jour. La part de ces produits dans les ventes totales aurait reculé d’un point à l’échelle nationale. Un écart modeste en apparence, mais conséquent rapporté à l’ensemble du marché.
Pour Julie Chapon, cofondatrice de Yuka, le mécanisme est clair : « Moins on les voit, moins il y a de chances qu’on les achète. » Le choix britannique repose sur un principe de santé publique : face à des produits conçus pour capter l’attention et encourager la surconsommation, la régulation de l’exposition devient un levier central.
En France, la situation est différente. Un rapport publié en 2025 montre que près de deux promotions sur trois en grande distribution concernent encore des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés, souvent via des mécaniques agressives de type « -50 % » ou « 2+1 offert ». La publicité et les promotions restent des moteurs puissants de ces ventes.
Le débat ne porte donc plus uniquement sur l’efficacité des mesures, mais sur leur portage politique. Alors que certains acteurs de la grande distribution se revendiquent « champions du mieux manger », la question de leur position sur une régulation contraignante de la publicité alimentaire reste largement ouverte.
L’exemple britannique montre qu’une action publique structurée peut modifier l’environnement alimentaire et influencer les comportements d’achat. Il pose une question directe : la France est-elle prête à limiter la promotion des produits les moins favorables à la santé pour faire évoluer durablement l’offre et la demande alimentaires ?