Prix bas alimentaires : des coûts déplacés plutôt que supprimés

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Dans une note publiée par Inside Track France, une quinzaine de cadres dirigeants de l’agroalimentaire appellent les pouvoirs publics à mieux réguler la grande distribution pour rendre l’alimentation saine et durable réellement accessible.
Prix bas Inside Track
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Le prix bas est souvent présenté comme une réponse au pouvoir d’achat mais dans l’alimentation, il ne supprime pas les coûts. Il les déplace.

C’est le constat porté par une note publiée par Inside Track France, intitulée « La course au prix bas de l’alimentation ne fait pas disparaître les coûts. Elle les déplace ». Ce document rassemble la parole d’une quinzaine de cadres dirigeants, directeurs et responsables seniors issus de coopératives agricoles, de grands industriels, de marques et de la grande distribution.

Leur message est clair : la course au prix bas empêche la transition écologique et sociale, tout en générant des coûts cachés.

Des coûts reportés sur toute la chaîne alimentaire 

Ces coûts sont d’abord supportés par les agriculteurs, qui peinent à vivre de leur travail et à investir dans des pratiques plus durables. Ils pèsent aussi sur les industriels, poussés à réduire la qualité des recettes, à changer leurs approvisionnements ou à limiter leurs engagements filières. Ils se répercutent enfin sur les consommateurs, à travers la santé, la qualité de l’eau, l’environnement et, à terme, les dépenses publiques.

Le rôle central de la grande distribution 

La note pointe notamment le rôle structurant de la grande distribution. Par ses choix de prix, de promotions, de mise en rayon et de marges, elle oriente fortement l’offre réellement accessible aux consommateurs. Selon les auteurs, certains produits sains, frais, biologiques ou plus durables peuvent servir de « réserves de marge », tandis que des produits plus problématiques restent rendus plus attractifs par les prix et les promotions.

Les auteurs ne demandent pas une hausse uniforme des prix. Ils appellent à changer les règles du jeu pour ne plus rendre artificiellement plus chers les produits les plus favorables à la santé et à l’environnement.

Des règles communes pour sortir du moins-disant 

Leur appel rejoint les constats portés par plusieurs organisations engagées dans les transitions agricoles et alimentaires : sans cadre commun, les acteurs qui souhaitent transformer leurs pratiques restent pénalisés par la concurrence du moins-disant. La transition ne peut donc pas reposer uniquement sur la bonne volonté des entreprises.

La note formule plusieurs pistes de régulation : rendre la transparence obligatoire et lisible en rayon, corriger les angles morts d’Égalim, encadrer la publicité et les promotions sur les produits les plus problématiques, mettre fin aux mécanismes de marges défavorables à la transition, et mobiliser les leviers fiscaux et publics pour soutenir une alimentation plus saine et plus durable.

Un enjeu collectif pour les transitions alimentaires 

Cette prise de parole rappelle un enjeu central : l’accès digne à une alimentation de qualité ne peut être dissocié de la juste rémunération des agriculteurs, de la santé publique, de la protection des ressources naturelles et de la transformation des filières.

Construire des systèmes alimentaires durables suppose de sortir d’une lecture limitée au prix affiché en caisse. Il faut regarder l’ensemble des coûts : ceux que paient les producteurs, les territoires, les consommateurs, les finances publiques et ce que paieront plus tard les générations futures.