Une analyse présentée en janvier 2026 devant la Commission d’enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution met en lumière le partage de la valeur ajoutée pour une boîte de 6 œufs vendue en hypermarché.
Les résultats montrent un phénomène préoccupant : plus le mode d’élevage est exigeant (plein air, bio), plus la part de valeur captée par la grande distribution augmente. En bio, celle-ci atteint 85,1 % de la valeur ajoutée, tandis que la part revenant à l’éleveur est nulle. En plein air, la grande distribution capte 77,9 % de la valeur ajoutée.
Ces données objectivent un enjeu central pour les transitions agricoles et alimentaires : la montée en gamme et la réponse aux attentes sociétales (bien-être animal, qualité, environnement) ne garantissent pas une meilleure rémunération de l’amont. Elles interrogent la cohérence entre transition écologique, justice économique et pouvoir de choix des mangeur·ses.
L’étude alimente ainsi le débat sur la responsabilité des acteurs de l’aval, le rôle des politiques publiques et la nécessité de mécanismes assurant un partage équitable de la valeur au sein des filières.