Dans sa récente publication sortie en mai 2026, l’IDDRI analyse les conditions sociales de la transition alimentaire à partir d’un enjeu central : comment rendre accessibles des régimes plus sains, plus équilibrés et plus végétaux aux ménages les plus modestes ?
L’étude montre que changer ses pratiques alimentaires ne relève pas seulement d’un choix individuel. Cela suppose de faire face à plusieurs coûts : financiers, temporels, sociaux, cognitifs et symboliques. Ces coûts pèsent plus fortement sur les ménages modestes, déjà confrontés à des contraintes budgétaires, à une forte charge mentale et à des marges de manœuvre réduites. Même lorsque le changement est souhaité, il peut donc être difficile à envisager ou à mettre en œuvre.
Face à ce constat, l’IDDRI invite à penser la transition alimentaire à partir de la sécurisation des modes de vie. Cela passe par des dispositifs matériels, comme les chèques alimentaires ou les soutiens à l’expérimentation, mais aussi par une meilleure prise en compte des pratiques, valeurs et contraintes existantes. Pour l’action publique, l’enjeu est d’agir à la fois sur les environnements alimentaires, les récits et les politiques sociales d’accompagnement au changement.
Cette publication apporte des repères utiles pour les acteurs engagés dans les transitions agricoles et alimentaires. Elle rappelle que l’accès digne à une alimentation saine, durable et choisie suppose de réduire les risques associés au changement, en particulier pour les personnes les plus précaires.